Dormi une heure, réveil à 4h, je dis au revoir à Nico et pars en tram pour la gare.
Un train part à 5h13 pour Vienne, 1h30 de sommeil en plus.
Vienne-Zurich
A Vienne, le temps d'apercevoir Schönbrunn sur lequel se lève le soleil, de changer de quai, et je monte dans un train pour Zürich, plutôt plein mais très confortable.
Nous quittons les plaines et entamons une traversée des Alpes, Salzburg accrochée à ses reliefs, veille sur son fleuve, le paysage devient plus sauvage, des forêts de résineux, des cimes déchirées, quelques villages posés au creux de quelques vallons regardent passer le beau train rouge.
Le paysage de ces jeunes alpes, assez différentes de celles de France, est enchanteur ; des petits villages bien tenus, des potagers impeccables, beaucoup de clochers qui dépassent au dessus des toits ou des bois, des cours d'eau scintillants, plus haut des forêts de résineux grimpant doucement sur le doux relief.
Au dessus encore, la roche à vif, en falaises ou en combes, se détache sur le ciel bleu ; quelques arbres encor, brûlés par le soleil et assoiffés, forment des taches vertes sombres.
Le Maria Theresa, nom du train, file à travers les champs colorés et les paisibles troupeaux de vaches.
Il est 12h30, nous passons Innsbruck, sans doute joli en hiver, quand la neige recouvre le béton des usines, et arrivons à Landeck-Zams, une heure plus tard.
Tout se passait formidablement bien, un train au confort impeccable, de beaux paysages, c'était trop beau.
Le train s'arrête exceptionnellement définitivement à Landeck, et il nous faut prendre des bus pour rejoindre la gare de Bludenz, 100km plus loin.
Tout le train se vide et se fait transvaser dans les bus qui attendent, nous partons immédiatement.
Une jolie route de montagne dont je ne vois pas grand chose, trop occupé à dormir, si ce n'est un reste de glacier, très loin au dessus de la vallée.
J'arrive à Bludenz, il est 14h30, le sosie du Maria Theresa, même mieux, m'emmène à Zürich.
Zürich-Bâle-Paris
J'entre en Suisse, arrive à Zürich en longeant les nombreux lacs qui bordent la voie depuis la frontière autrichienne, il est 16h30, tout le monde descend, je saute dans un train de l'autre coté du quai, pour Bâle ; il part dans la minute.
Arrivée à Bâle une heure plus tard, un sandwich à la main, je passe les douanes françaises, vaste corridor sans douanier ni français, et tombe, voie 31, sur le museau allongé, les yeux rougeoyants, et la silhouette effilée du TGV.
Me voilà en France, à 3h de Paris, je quitte Bâle et la Suisse, ai dit au revoir à Bratislava, à Vienne et aux Alpes.
Fin d'un voyage, de deux voyages en un même, la traversée de la Chine jusqu'à Almaty, et le voyage en Europe entre Kiev et Paris, étant très différents.
Fin d'une année de voyages aussi, merveilleusement riche, instructive et constructive, qui va maintenant avoir le temps de décanter, avec la reprise des cours en octobre, un Master à décrocher, et la France à redécouvrir.
Quand on part loin et longtemps, un petit manque apparaît, parmi d'autres, qui est celui du pays, un pays si particulier, si beau et si varié.
Il y a un an, il était prévu que ce serait à peu près à cette époque, fin août, que je rentrerai en France.
Tant s'est passé depuis le 12 septembre dernier, j'ai découvert bien plus de choses que je ne l'aurais imaginé, porte à présent un regard différent sur le Monde, et rentre en France, chargé de souvenirs, d'images, de noms, de visages, d'odeurs et de sensibilités nouvelles.
Une phrase à elle seule, de Nicolas Bouvier (L'usage du monde), peut donner une idée de la force du voyage.
« On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait. »
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123h de train
102h de bus
19h d'avion
10h de bateau
Des taxis, et des jambes aussi
48 jours de voyage sur près de 15 000km,
De Hong Kong à Paris.
Blogapar, Carnets d'Asie entre en hibernation, jusqu'à ce que de nouveaux horizons l'animent à nouveau.







